Archives de catégorie : Histoires d’Allaiter

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Allaiter, travailler, s’organiser!

Allaiter et travailler est une affaire qui dure pour moi depuis quelques années à présent... Enceinte, je sais que j’allaiterai, pas de « si possible » ou de « on verra ». Je pars à la maternité, aucun biberon de secours n’est prévu, mon entourage me trouve folle ou prétentieuse selon les cas. Seul mon mari approuve mon choix et ne comprend même pas comment il pourrait en être autrement.   Je vide mes congés, mes RTT accumulés au cours des dernières années pour reprendre le travail à 80% (4 jours par semaine) en septembre aux 6 mois de mon fils. A partir du début de l’été, je me prépare à la séparation en tirant mon lait. Je ne peux qu’exprimer à la main, car malgré un REF (réflexe d’éjection fort), rien de rien ne sort au tire-lait. J’avais préalablement vidé partiellement le congélateur pour y faire de la place. Le jour de reprise arrive plus vite que souhaité, bien sûr. Mais laisser de mon lait à mon bébé est un réconfort pour moi, c’est comme si je lui laissais un peu de moi. J’ai la chance (à lire d’autres témoignages) d’avoir une crèche qui ne rechigne pas devant mes sachets de lait. Je leur facilite l’organisation. J’amène du lait congelé chaque début de semaine et du lait frais réfrigéré chaque soir, avec une liste reprenant dates et volumes, comme noté sur les sachets. Le lait frais est conservé au frigo pour le biberon du matin / midi. Une dose de lait congelé est mise à décongeler le matin même pour le goûter. J’ai un bureau qui se ferme à clé (encore une chance !). Je le prête même lors de mes absences à une collègue tireuse qui a accouché quelques mois après moi. Notre entreprise ne dispose pas à l’époque d’une salle d’allaitement et très peu sont les mères qui tirent leur lait (ou alors dans les douches !).

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  J’ai tiré (ou plutôt extrait) 2 fois par jour jusqu’aux 10 mois de mon garçon. Il rechignait devant les biberons (mais pas devant mon sein). On a épuisé le stock à la tasse à bec, en dessert ou au goûter. Je n’ai jamais dit à mon chef que je tirais. J’avais une boîte dans le frigo de la salle de pause avec mon nom et en gros « interdit de toucher ». J’avais peur des curieux qui déplaceraient mon précieux or blanc dans la porte du frigo ou à un endroit peu approprié. Le soir, la tétée de retrouvailles est attendue par nous 2 et est intense. Impossible de faire autre chose avant LA tétée. Week-ends et vacances, aucun biberon (on n’en a toujours pas à la maison), sein à volonté (la nuit aussi). J’ai parfois des déplacements à faire et le premier qui a impliqué une nuit d’absence a été lorsque mon enfant avait 18 mois. Le papa a donné pour la 1ère fois, un biberon de mon lait au courant de la nuit… Aujourd’hui, à presque 6ans ½, plus de tirage au travail, plus de lait à prévoir lors des déplacements, mais a minima une tétée avant de dormir. Lors des grosses fatigues, la tétée a toujours ce pouvoir d’aider à l’endormissement : quand la fatigue est trop dure, mon petit garçon grimpe sur mes genoux en réclamant « tété ». Et il s’endort en 3 min en tétouillant sur mes genoux. Finalement, cela fait 6 ans que je concilie travail et allaitement pour mon plus grand bonheur, celui de mon fils et aussi de son père !