Ne pas allaiter: combien çà coûte?

Le taux d'allaitement à la naissance en France augmente peu à peu, d'année en année. Ces données montrent aussi des disparités récurrentes entre les catégories socio-professionnelles. L'allaitement est d'autant plus fréquent qu'un des deux parents est cadre / titulaire d'un diplôme supérieur. La question du coût du non-allaitement peut être aussi un élément à prendre en compte. Assez peu d'études françaises existent sur le sujet; l'impact économique du non-allaitement est décrit en 2 pages dans le "Plan d'action: Allaitement maternel" (rapport Turck). Les coûts liés au non-allaitement peuvent être dividés entre coûts primaires et coûts secondaires. Les coûts primaires sont évidemment imputés aux préparations lactées, à l'eau, aux biberons (stérilisation incluse). Les calculs ont été fait en ignorant les prix des biberons, le choix étant tellement diversifié, les recommandations sur le nombre à posséder aussi, que les chiffres n'auraient pas eu grande valeur. Les recommandations pour les nourrissons non allaités font état de 4 à 6 biberons par jour, de contenance diverse selon l'âge du bébé. Dans le supermarché le plus proche de chez moi, le prix moyen d'une boîte de préparation lactée pour nourrisson est de 16,94€ et peut atteindre jusqu'à 19,42€ (taille standard, de 900g). Pendant les 6 premiers mois de vie où le bébé ne se nourrit que de lait, la nourriture a un coût moyen de plus de 460€ (inclus l'eau minérale). Ce chiffre peut atteindre 550€ si l'eau et la préparation lactée sont les plus chères de mon supermarché. La prise en charge des pathologies des enfants alimentés au lait artificiel par rapport aux nourrissons allaités sont à classer dans les coûts secondaires. Il a été estimé qu'une famille pourrait économiser 300 à 600€ par enfant allaité sur les 6 premiers mois de vie. L'absentéisme au travail des mères d'enfants allaités est moindre que ceux des mères n'allaitant pas; il est supporté par la famille lorsque le parent prend sur ses jours de congés. S'il se met lui-même en arrêt maladie, le coût est partagé entre la famille (jours de carence) et la sécurité sociale. Déjà en 1994, une étude française avait estimé une économie de l'équivalent de 2 millions d’euros par an sur les dépenses de santé publique si seulement 5% de femmes supplémentaires allaitaient. De plus, ces arrêts ont forcément un impact sur l'entreprise. D'autres frais, encore mieux cachés, sont dûs à la consommation d'eau et d'énergie pour fabriquer laits infantiles et biberons. Il est évident que le choix d'allaiter ne doit pas se baser sur cet aspect financier. Néanmoins, cet argument pourrait motiver les pouvoirs publics à organiser des campagnes de promotion pour l'allaitement maternel.

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