Les couts caches de l’allaitement maternel

Une étude américaine est parue ces dernieres semaines concernant les couts cachés de l'allaitement maternel. Apres en avoir pris connaissance, il nous est apparu les reflexions suivantes au regard de la réalité des familles.

Meme si l'allaitement maternel est considere comme le meilleur mode d'alimentation pour le nourrisson et son interet medical largement prouve tant pour l'enfant que pour la mere, les pouvoirs publics de differents pays insitent sur ce fait afin de faire la promotion de l'allaitement maternel. Ce qui comme aux USA, en France ou ailleurs dans le monde, les chiffres de l'allaitement ont augmente. D'autre part, les sociologues se sont interesses a un autre aspect que celui du medical. En effet, ils se sont penches plus particulierement sur les freins existant a cette pratique en considerant des aspects corrollaires : le milieu culturel en passant par les conditions de travail des meres. Il en ressort ce que nous connaissons deja, plus on est pauvre, plus on travaille, plus le milieu culturel est bas dans nos societes occidentales, moins on allaite et quand on allaite le taux de duree d'allaitement est bas.

L'etude americaine sur les couts caches de l'allaitement maternel s'est appuye sur la question suivante : le retour a l'emploi entre les meres qui allaitent et celles qui donnent le biberon, a court et long terme. Il en ressort, d'apres les chercheurs, qu'a court terme, il n'y avait pas d'impact sur les carrieres et sur les salaires des femmes qui allaitent mais a long terme (+de 6 mois) la diminution est forte. L'etude se refere egalement a un auteur et a une etude qui pour l'un la fonction nourrissiere de la femme est la base de l'inegalite entre hommes et femme, l'autre fait un parallele entre l'apparition des subustituts de laits et de l'augmentation du travail de la femme.

Paradoxe entre les pouvoirs publics et la societe en general, la femme doit travailler et gagner autant que les hommes (syndrome du femininsme egalitariste ?) tout en continuant d'allaiter le plus longtemps possible.

Tout comme en France ( cf : Reprendre  le travail, et l'allaitement?... Qu'en dit la loi? ) , les USA sont peu pourvus en dispositifs de soutien et d'aide a l'allaitement maternel en milieu professionnel. Les auteurs de cette etude souhaitent donc que les pouvoirs publics legiferent sur un veritable droit a l'allaitement maternel notamment avec l'aide d'une allocation dans le but d'endiguer la baisse des revenus concernant les meres qui allaitent a long terme. L'etude conclut sur le fait que sans dispositif reel d'aide et de soutien economique et social, les pouvoirs publics auront toujours du mal a promouvoir correctement l'allaitement maternel car les inegalites seront toujours presentes.

Or, un bemol est a apporter a cet etude et a cette conclusion. Il semblerait plus judicieux et approprie d'accorder ces aides aux parents qu'ils choisissent d'allaiter ou non leur enfant. La correlation est aussi a prendre avec des pincettes, car le choix aussi des meres a allaiter pour une longue duree peut correspondre à un mieux-vivre, même si cela a des conséquences sur leur emploi et salaires. Le cote financier ne touche pas non plus que les familles pauvres, pour des familles plus aisées, un salaire en moins a aussi des consequences qui peuvent paraitre difficilement surmontables.

Pour faire avancer les choses, il est clair que seule une aide du type allocation n'est pas suffisante. D'un toutes les femmes ne souhaitent pas prendre un conge plus long meme si mieux remunere, de deux, le dispositif legislatif devrait etre renforce afin de permettre aux femmes en milieu professionnel de pouvoir continuer a mener leur allaitement. De plus, il ne s'agit pas seulement de promouvoir seulement en emettant des recommandations de sante publique mais d'eduquer et d'informer sur les bienfaits et les realites de l'allaitement maternel tant aupres des professionnels de sante, de petite enfance, des employeurs afin que le regard de la societe change. Oui, un changement de regard sur la parentalite est necessaire, car la vision du monde du travail face au mere et pere potentiels est affligeante, moins disponibles donc moins productifs. Les conditions de travail seraient plus a montrer du doigt. Il serait donc temps de penser tout autrement a savoir que la productivite n'est pas liee directement au temps de travail passe dans l'entreprise. L'allocation ne doit pas etre non plus destinee qu'a une categorie de meres mais aux parents qui feront le choix d'y recourir ou non. Certes c'est une mesure qui permettrait dans un premier temps de favoriser l'allaitement maternel mais cela doit aussi permettre aux autres parents ayant choisi un autre mode d'alimentation de pouvoir consacrer aussi du temps avec leur progeniture. C'est aussi en ce sens que l'egalite doit etre presente.

En conclusion, il s'agit de penser plus au dela et non simplement d'opposer les couts entre allaitement et biberon au sein des revenus financiers d'une famille. C'est tout un systeme a revoir avec l'appui conjoint des femmes, des hommes, des syndicats, des employeurs, des professionnels de sante, des politiques afin de promouvoir une meilleure politique familiale permettant a chacun de pouvoir faire ses choix. Un nouveau systeme avec des dispositions existantes a renforcer et d'autres a creer.

Source : “Is Breatfeeding Truly Cost Free ? Income Consequences of Breasfeeding for Women” Rippeyoung P.L.F., Noonan M.C. American Sociology Review 2012, 77 (2), p 244-267

2 réflexions au sujet de « Les couts caches de l’allaitement maternel »

  1. Pour ma part j’allaite toujours mon enfant de 2 ans 1/2, j’ai repris le travail quand il avait 8 mois et j’ai réussi à gérer travail et allaitement sans diminution de salaire, mais oui, une évolution des mentalités et des aménagements au travail seraient les bienvenus!

    1. Oui, ces evolutions seraient en effet bienvenues. Il n’y a pas non plus assez de temoignages de meres qui allaitent longtemps tout en travaillant. Besoin ausi de faire voir les realites de ce cote la.

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