24 mai
Le CSSSHY veut favoriser l’allaitement maternel
| CHANTAL VALLÉE La Voix de l’Est |
(Granby) Le CSSS de la Haute-Yamaska a adopté une politique au sujet de l’allaitement maternel afin de «créer un environnement favorable» à cette pratique dans tous les établissements qui font partie du centre de santé.
Cette politique a été adoptée dans un contexte où l’établissement souhaite être accrédité «ami des bébés» en 2012.
«Ce serait une reconnaissance de la qualité des services qu’on a mis en place. On fait des efforts et on chemine depuis longtemps», fait valoir la Dre Suzanne Dionne, cogestionnaire du programme famille, enfance, jeunesse du centre de santé.
Pour être accrédité «amis des bébés», une création de l’Unicef et de l’Organisation mondiale de la santé, les centres de santé doivent répondre à certaines exigences.
Actuellement, 90% des mères allaitent au moins une fois après avoir accouché à l’hôpital de Granby; 70% d’entre elles ne donnent rien d’autre à leur enfant que le lait maternel. Le taux d’allaitement exclusif requis est de 75% dans les centres de santé amis des bébés.
Lors des visites des infirmières à domicile menées en mars dernier, 83% des mères allaitaient leur enfant.
«Trop souvent, on fait reposer sur les épaules de la mère la décision d’allaiter ou non son bébé. Ce qu’on souhaite, c’est créer un environnement favorable à l’allaitement. Les femmes sont libres de prendre une décision éclairée et on respecte leur décision», souligne Dre Dionne.
Même si elle est convaincue des bienfaits de l’allaitement, la médecin est persuadée que des mères ne réussiront pas à allaiter ou décideront de ne pas le faire. On leur parlera alors d’attachement. «Le contact peau à peau, prendre le bébé dans ses bras, il en a besoin. C’est sa sécurité, particulièrement dans les premières semaines», précise-t-elle.
Les plus grands défis du centre de santé? Aider les mères qui le désirent à allaiter exclusivement leurs enfants. La politique vise aussi à uniformiser l’information donnée aux mères afin qu’elles ne reçoivent pas de messages contradictoires.
Culpabilité et bienfaits
Cette politique a été adoptée dans une période où les femmes qui n’allaitent pas sont de plus en plus nombreuses à prendre la parole dans les médias pour protester contre cette culture de promotion de l’allaitement qui leur donne l’impression de ne pas être de bonnes mères.
«On est partis de loin» dans le domaine, fait valoir Dre Dionne. «Dans les années 80, 45% des femmes allaitaient», rappelle Nathalie Cabana, infirmière-chef en périnatalité et pédiatrie à l’hôpital de Granby, en faisant référence aux statistiques de l’hôpital à l’époque. Les premières données sur l’allaitement exclusif colligées à l’hôpital de Granby datent de 1998-99: 55% des bébés étaient alors allaités.
Nos mères n’ayant pas allaité en grande majorité leurs enfants, elles n’ont pu transmettre leurs connaissances à ce sujet à leurs filles. «Ce n’était pas la culture de l’époque. Dans les années 60, le marketing du lait maternisé était super fort. Les gens avaient peut-être moins conscience des bienfaits de l’allaitement. C’est le retour du balancier», relève Mme Cabana.
Même si les avantages de l’allaitement maternel demeurent indéniables, le chercheur Michael Kramer, une sommité mondiale dans le domaine, a relevé certaines exagérations dans le discours utilisé par le gouvernement du Québec pour en faire la promotion, pouvait-on lire récemment dans La Presse. S’il est établi que l’allaitement protège les nourrissons des infections gastro-intestinales, respiratoires et de l’eczéma, les études sur le soi-disant effet protecteur de l’allaitement sur les allergies se contredisent, relevait-il. Le Dr Kramer est l’auteur d’une importante étude qui établit un lien entre l’allaitement exclusif et prolongé et une augmentation du quotient intellectuel des enfants.
source : la voix de l’est 13/05/2009

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